Voilà 28 ans que je pose la même question sous différents
angles : pourquoi les équipes se figent-elles à l'arrivée d'une
nouvelle technologie, et comment les remet-on en mouvement ?
La question s'est imposée en 1998, quand je construisais des
sites web et regardais les organisations peiner à comprendre ce
que "le web" voulait dire pour elles. Elle est revenue avec le
mobile. Puis avec l'omnicanal. Puis avec l'IoT. À chaque fois :
la technologie est claire, la transition ne l'est pas.
Quelque part en chemin, j'ai cessé d'être un faiseur pour
devenir la personne dans la pièce qui traduit entre "le monde
va dans cette direction" et "voici ce qu'on fait lundi". Les
outils ont changé. Le problème humain, non.
L'IA est la sixième vague. Mais celle-ci est différente (pas
dans ses dynamiques humaines, elles sont identiques) dans sa
profondeur. L'IA ne change pas seulement ce que l'on construit ;
elle change la manière dont on construit. Le modèle opérationnel
lui-même se déplace. C'est sur cela que je travaille
aujourd'hui : aider les équipes à installer la nouvelle manière
de travailler, pas seulement à adopter les nouveaux outils.
Le portfolio reflète le motif. J'ai construit des produits
(MyIRISnet et MyMonitoring chez IRISnet). J'ai redessiné la
navigation d'une plateforme en 27 langues servant plus d'un
million de visiteurs quotidiens (Parlement européen). J'ai
initié la transformation omnicanale d'une grande organisation
résistante (Carrefour). J'ai activé des pratiques IA dans des
équipes coincées entre savoir et faire (Novable, idloom, le
service IA du PE). Le fil : créer la clarté là où la
complexité crée la paralysie.
Aujourd'hui, je propose trois points d'entrée : l'AI
Activation Sprint pour installer les pratiques, l'Atelier IA
pour CODIR pour décider quoi lancer et le design de flux
agentiques pour transformer un processus de bout en bout. Je
conduis ce travail à travers Beyonders, le studio que j'ai
cofondé. J'enseigne le Future Thinking à l'IHECS Academy à
Bruxelles. Le fil tient : la clarté là où la complexité crée
la paralysie.